Avant-propos : Persister

Je peins par volonté de vivre, pour me régénérer, en pensant que cela peut régénérer ceux qui regardent. Je crois encore en ce qui peut nourrir, alimenter, contribuer à reconstruire, même après une tuerie (j’écris quatre jours après les attentats de Paris, la bibliothèque où je travaille est à cent mètres d’un des lieux de massacre ; je fais les ultimes corrections la nuit après avoir entendu l’horreur de l’attentat de Nice).

En Chine on m’a plus d’une fois posé la question du rapport de mes œuvres avec les tensions sociales ou tragédies contemporaines. En effet rien ne semble en transparaître, pas plus que les guerres vécues par la Hollande alors que Vermeer et ses contemporains peignaient une tranquille vie domestique. Il ne s’agit pourtant pas de se couper du monde, il est d’ailleurs devenu impossible de s’isoler comme les peintres lettrés de l’ancienne Chine. Même sur cette montagne loin des fureurs du monde, des Résistants furent tués il y a « longtemps », des familles ont été anéanties par des suicides il y a quelques jours ou quelques mois. Et sur cette plage, des migrants viennent échouer, vivants ou morts. Alors il reste à vivre, « voler, simplement voler » dit Jeanne Gatard, fidèlement attentive à mes créations depuis 30 ans, fille d’un Résistant fusillé. Tout est dans le « simplement ». Se relever, simplement se relever par un grand rouge sur vert, par quelques petits griffonnages. Voyez les Feuillets d’Hypnos de René Char, écrits à la montagne pendant les brefs moments de calme entre deux tragédies.

Je n’ai pas l’impression de briser les conventions (hormis les académismes chinois d’encre traditionnaliste et de peinture à l’huile assimilable à de la communication visuelle) mais de trouver des combinaisons, des associations qui n’ont pas encore été faites. En me cherchant je propose, j’offre. Je suis rétif à tous les dogmes, qu’ils soient anciens ou flambant neufs, d’ici ou d’ailleurs; aux marques de fabrique réclamées par le marché ; et je n’ai pas de passion exclusive pour la peinture seule. Enfant, je ne dessinais guère plus qu’un autre, j’inclinais plus pour l’archéologie et l’exploration. Je n’exprime pas tout en peinture, pas plus que je ne m’exprime en une seule langue, pas plus que je ne viens d’une région unique.

De 1980 à 1983, je dessinais dans des petits carnets (jamais de grands formats), je pratiquais la photographie. Je suis allé voir beaucoup de chorégraphies contemporaines américaines, entre autres Merce Cunningham avec John Cage, et françaises, entre autres Philippe Decoufflé. J’ai arrêté ; j’y reviens, mais c’est moi qui danse. Et c’est du flamenco. Les voix et rythmes du flamenco sont au-dessus et au-dessous de la peinture. Ce sont des cris qui rient de leurs douleurs. Le flamenco, plus que d’autres musiques déploie le jeu des pleins et des vides, ouvre des silences, joue du flux de la vie, perturbe la narration, ne prévient que les initiés de ses revirements. Si je ne pratique pas la danse, la musique et l’écriture je ne peins pas. Il me faut une diversité des personnes et des pratiques, fréquenter des sciences et la musique autant que les arts plastiques.

Je vais et viens entre Paris, la Chine, l’Espagne, l’Ecosse, la Bretagne, etc. Mais aussi entre différentes démarches, l’apparente hétérogénéité de mes différentes périodes en témoigne. Il s’en dégage pourtant des constantes ou des fils conducteurs.

Extensions

Aucun de mes tableaux ou lavis n’est complet, tous  sont des ouvertures sur un tout, conçus de telle manière que le regard puisse sortir dans n’importe quelle direction et construire des suites possibles. Ce n’est pas moins spirituel que la projection mentale dans le shan shui ; j’aspire à produire une échappée par l’intérieur de la forme (Jarre mouchetée), par la profondeur de la chose triviale ; cette profondeur est sans nom, comme l’entité créatrice qui ouvre le Laozi ; si je dis en quoi elle consiste je suis un imposteur car elle ne sera plus la vôtre.

Bruissements

Autant que voir, écouter ce qui s’offre à l’ouïe nourrit la peinture. Il ne s’agit pas que de la musique construite: les sons de tous les jours produisent un bruissement qui agit comme une présence féminine bienveillante. Fatigué, je ferme les yeux pour écouter les notes allongées du métro en marche avec quelques bribes de conversations dans des langues diverses. Une terrasse de café bien peuplée produit un des meilleurs bruissements, des voix multiples, des morceaux de phrases intelligibles puis inintelligibles qui deviennent intimes. Je repense à la phrase de John Cage « Je n’ai jamais écouté un son sans l’aimer ». Je les bois avec délice et j’en peins des équivalences. C’est aussi une broussaille, un maquis, un bouillon de culture.

Colorations

Mon long séjour chinois m’a amené à une pratique radicale de la couleur avec des superpositions de différentes textures. La complexité et l’intensité de la sensation colorée ainsi produite permet de rejoindre des résonances, une autre forme de bruissement, un questionnement sur le statut de ce qui est donné à voir. Ce travail a donné lieu à un mémoire de recherche à l’université de Paris 8.

L’encre de Chine semble une pratique en noir et blanc, mais la tradition chinoise parle des “cinq couleurs de l’encre”, et la chose est plus complexe encore. J’ai opposé l’échelle rectiligne des gris qui va du noir au blanc au cercle et à la sphère des couleurs qui peuvent être parcourus en tous sens. Mais il y a dans la peinture à l’encre d’autres variables que l’échelle des gris, qui seraient à placer sur une forme beaucoup moins précise qu’un axe ou une sphère, sur une nébuleuse comprenant des gris moyen cotonneux, du noir rêche veiné de blanc ou non et d’autres appellations à venir pour ces masses composites formant des polychromies.

Figure 1 Sans titre, 19 août 2015 180 X 97 cm

Figure 1 : Sans titre, 19 août 2015, encre de Chine sur papier Xuan, 180 X 97 cm 

Déviations

Situation fréquente: je souhaite peindre un personnage dans une posture spécifique, avec une grimace adéquate. Voici une première touche, et le pinceau (ou le crayon) est toujours dévié (comme la narration de Jacques le fataliste). Il aime plus que tout suivre un autre chemin que celui qui lui est demandé, qui a été pensé, élaboré. « Je peindrais volontiers mes légères pensées, mais déjà le pensant mon penser est changé »[1]. L’amorce offerte à la vue impose un autre développement. Je décide d’accepter que le choix à peine fait soit aussitôt contrecarré par la déviation, l’attracteur en embuscade. Il en résulte que je ne sais pas si le premier coup de pinceau ou de crayon sera d’essence animale, végétale ou humaine. S’il y a montagne, arbre, animal ou autre figure, je ne les ai pas cherchés, ce sont eux qui me trouvent. Telle est le sort de l’intention, face au monde qui réclame, elle relève des trois. Le pinceau revient sur lui-même, s’épanche à l’excès; les humeurs de l’encre imprègnent le papier comme la fatigue imprègne les draps.

Figure 2 Bretagne avril 2015

Figure 2 : Bretagne, avril 2015

Les figures n’apparaissent donc pas mentalement avant de peindre, mais sur le papier, quand le pinceau ou le crayon est déjà en action. Le travail consiste à savoir les gérer. “L’homme est capable de faire ce qu’il est incapable d’imaginer”, écrit René Char[2]. L’objet du désir, du souci, de la préoccupation n’a pas plus de forme que la « grande image » de Laozi.

À quoi est-ce que je pense en peignant ? Ce ne sont pas des pensées, plutôt des états d’esprit, je peux être serein ou furieux. Je suis avant tout à l’affut des signes présents dans la tache, il faut comme un prédateur bondir et les saisir. Puis c’est du toucher : caresser, empoigner, malaxer, effleurer, chatouiller ; passer sans gêne de l’un à l’autre comme le savent les enfants. Et faire apparaître la figure en lui permettant encore de s’échapper. Chaque engagement me mène à une déviation.

La meilleure capacité est celle de voir tout de suite le devenir d’un coup de pinceau de grande amplitude, par déploiement non seulement du poignet mais du bras, du torse, du corps entier. 

Difformités

Cette tache c’est un corps et pas seulement son image ; incomplet, avec sa difficulté d’être, sa difformité. Il dansera quand même. Mon encre n’est pas pour le shan shui, elle est pour la vitalité des sans voix, des informes, des malformés, des pas encore formés, de ceux qui tâtonnent, des sans certitudes, des sans vérité, de ceux qui n’ont pour territoires que de dérisoires parcelles. Les difformes, c’est notre avenir et notre présent. Force est de se rendre à l’évidence: l’épanouissement annoncé de l’espèce humaine ne se produit pas ; j’entre donc dans des impasses, je ne montre qu’une partie, je simule l’infirmité ou l’ignorance. Grognements, fureurs, borborygmes, difformités, gribouillis, démangeaisons, prurit, exaspération. Pourquoi peindre? Pour exister et faire exister ce qui en moi en vous est sans voix, infirme. Parce qu’un « unique trait de pinceau » donne un corps en génération spontanée, une trajectoire, une vie, dans l’instant.

Figure 3 Sans titre IV, 2 mars 2016 66 X 45 cm

Figure 3 : Sans titre IV, 2 mars 2016, encre de Chine sur papier Xuan, 66 X 45 cm

Figure 4 Sans titre VI, 25 fevrier 2016 66 X 45 cm

Figure 4 : Sans titre V, 2 mars 2016, encre de Chine sur papier Xuan, 66 X 45 cm

Figure 5 Sans titre III, 29 mars 2016 66 X 45 cm

Figure 5 : Sans titre III, 29 mars 2016, encre de Chine sur papier Xuan, 66 X 45 cm

Incomplétudes

Cerner une forme c’est l’enfermer. Les figures convenues facilement identifiables sont d’un ennui toxique. Si vous voulez tout de suite identifier c’est que vous n’aimez pas les énigmes. Si vous n’aimez pas les énigmes pourquoi acceptez-vous Laozi et les équations? Cette figure, si vous ne la complétez pas il m’est impossible de le faire à votre place. Si vous ne la complétez pas vous ne participez pas, vous n’existez que dans une contemplation passive, qui n’est donc même pas une contemplation. La vie ne se perpétue qu’avec des jeux de cache-cache.

Paris, Séville, septembre 2015 – février 2016

Corrigé la nuit de l’horreur de Nice, 14 juillet 2016

[1] Etienne Durand (1586-1618), Stances à l’inconstance.

[2] Les feuillets d’Hypnos, 227.

 

序言二:执著

我用生存的意志作画,为了重生,或许也会给看画的人带来新生。我依然相信那些哺育滋养和有助于重建的东西,即便在一场杀戮之后(这是我在巴黎恐怖袭击发生四天后写下的片语,我常去的图书馆离屠杀事发地仅有几百米远)。

在中国,我被不止一次地问过,我的作品是否再现社会紧张或当下悲剧。的确,这在表面上看不出直接的关系,就像魏美尔(Vermeer)和他同时代的画家,他们在战乱纷仍的荷兰描绘了宁静的家园场景。可是这并不意味着画家与世隔绝,而是相反,我们无法再像中国古代文人那样置身世外。即便是在一座没有愤怒的山中,“很久之前”抵抗法西斯运动的成员被杀害;几个月前,甚至几天以前,自杀摧毁了一个又一个家庭。在那片海滩上,不断涌来身心崩溃的移民,或生或死。于是,只剩下活着,“飞,仅仅是飞”,珍娜·伽达尔(Jeanne Gatard)[1]这样说。她是一位被枪杀的二战抵抗运动者的女儿,30年来一直细心而忠实地关注着我的创作。一切都在这“仅仅”之中。重振,仅仅用一大块红色,加上几笔草就的绿色便挺立起来。请看勒内·夏尔(René Char)的诗集《睡神散记》(Feuillets d’Hypnos[2],创作于二战期间在山中短暂的停火时刻。通过短小的轶闻对话和对生命价值的反思,作者记录了抵抗纳粹的经历,回应世界的荒谬,被加缪誉为“抗争和自由的诗人”。

我没觉得自己在打破约定俗成的规矩(除了学院派的拟古水墨和类似的具象直观传递的油画之外),而是在寻找结合之处,去发现那些尚未被发现的关联。我尝试在摸索中推陈出新,呈现意外。我对一切信条都保持警觉,无论是古典的还是新潮的,此地的或别处的,以及市场喧嚣的品牌。况且,我的热情并不止于绘画。小时候的我更喜欢考古和探险,画得也不比别的孩子多。画画不是我表达自己的唯一途径,正如我不只用一种语言交流,我也不是仅仅来自一个地区。

1980到1983年期间,我在小本子上画(从来没有大画),也从事摄影。我去看很多美国当代舞蹈家的演出,如約翰‧凱奇(John Cage)[3]作曲的摩斯·康宁汉(Merce Cunningham)的舞蹈,还有法国舞蹈家,如菲利普·德库夫莱(Philippe Decoufflé)。停一段时间,再回去看,其实是我自己在舞蹈。是弗拉门戈舞。弗拉门戈的声音与节奏在我的画里上下舞动。那是笑纳痛苦的叫喊。它比其他音乐更能展现虚实并举的组合,向寂静敞开,在生命之河游弋,打乱叙事,精湛的大回旋出其不意。假若我不跳舞,不爱音乐,不写作,我也不会去画画。我需要多元的交往和实践,在美术之外,同样去钻研科学和音乐。

我往来于巴黎、中国、西班牙、苏格兰、布列塔尼和其他地区,也往来于不同的创作方法,我的不同阶段的作品具有的异质性即是见证。不过从中呈现出的,依然是它们内在的连贯性与主线。

延伸

我的油画或水墨画没有一幅是完整的,一切都向着所有的可能敞开,我把它们构思成可以从任意角度看出去,并留下各种可能的后续想象,那是几近于山水画的精神意像。我渴望透过平凡之物的深度,从形状内部造成一种超离(如《带花斑的古坛》);这种深度即“无名”[4],如果我说出所以然,那我就在越俎代庖,因为它就不再属于作为观者的你了。

声音

除了看,还要听,耳边之声同样赋予绘画以灵感。不仅是既成的音乐作品,日常生活中的各色声音混合出某种亲切阴柔的环绕。累了的时候,我闭上双眼,听着行进的地铁拉长的音符,混杂着不同语言交谈的只言片语。座无虚席的露天咖啡是嘈杂声音的最佳奏鸣曲,声音重叠着,时而清晰可辨,时而含混不清,转入窃窃私语。我又想起約翰‧凱奇的那句话:“我从未听过一种我不喜欢的声音”。我把这些声音与美味同饮,再画出相应的感觉。它们即是杂从,是抵抗运动游击队,是一锅文化杂烩的沸汤。

色彩

久居中国将我带向一种极端的颜色实验,将不同的质地纹理进行多次叠加。由此而成的复杂而强烈的色感再进一步加入共鸣,那是另一种形状的声音,是一种对被观看的预设身份的提问。这一颜色探索的成果之一,是我在巴黎第八大学完成的学术论文《游牧色彩》。

中国水墨看上去是一种黑与白的运用,可是中国传统讲究“墨分五色”,而物本身就更其复杂。我把从黑到白的灰度直线色阶与色环或色球相对比,后者可以向各个方向散开。而且在墨画里还有不同于灰度色阶的其他变量,可以放置在比矢量线或色球面更模糊的状态上,放置在棉絮般的中灰色和含有或不含有脉白的泼墨之处,还有其他那些有待命名的状态,由这些墨迹构成了多色的复合。

偏离

常见的情况是:我想画一个姿势独特做着怪脸的人物,可是一笔落下,无论用的是毛笔还是铅笔,总是即刻发生偏离(正如宿命论者雅克所叙述的[5])。他更喜欢沿着另一条路往下走,而不像为他预想和设计的那样。“我乐意描画自己轻微的思绪,而即想之时思绪已变幻。”[6]既然如此开端,那就另辟蹊径。我决定接受这一事实:选择在一瞬间就会被偏离阻挠,一种潜伏的引力。结果是我并不清楚毛笔或铅笔落在纸上产生的究竟是动物、植物还是人。如果里面有山,有树,有动物或其他形象,并非我所刻意寻求,而是它们找到了我。这是意愿的命运,面对企望的世界,作品集动物、植物和人于一体。笔回归自身,恣肆挥洒,墨的情绪渗入纸底,犹如疲惫浸透床单。

于是,形象并非在动笔之前即存于心中,而是涌现在纸上,始于毛笔或铅笔在纸上移动的那一刻。画家所做的是懂得如何去驾驭。“人有能力去做他无力想象的事”,勒内·夏尔写道[7]。欲望、担忧、焦虑的对象正如老子的“大象”无形,毫无踪迹。

我画画的时候想什么?应该说不是思想,而是一种心灵状态,可能是宁静的或愤怒的。我首先是在墨迹中窥伺浮现出来的种种符号,如同一个捕猎者一跃而起将其逮住。接着是触觉:抚摸、抓牢、揉搓、轻擦、挠痒……,毫无顾忌地从一个动作到下一个动作,如孩子们都会做的那样。然后要让那形象自身若即若离。每一次投入都带我进入一次偏离。

最佳本领是大笔一挥就立即看出变成之势,不仅使用腕力,还要调动手臂、躯干及至全身投入。

变形

一块墨迹不只是它的图像,还是一个身体。它不完整,变形,显出存在的困难。然而它将起舞。我的墨画不是为了描绘“山水”,而是为了赋予生机给那些无声的、无形的、畸形的、未成形的以及摸索形构中的、不确定的、无真相的存在,给那微不足道的一小块领土。

变形是我们的未来和我们的此在。显而易见的是:被宣称的人类繁荣没有出现,我于是走进死胡同,或只能表现某一部分,或佯装残疾和无知。咆哮、愤怒、腹鸣、变形、涂鸦、瘙痒、恼火。为什么画画?为了存在和显现你我身上的那些无声与残缺。因为石涛所谓的“一画”自发地生成身体,一条轨迹,一个生命,皆在当下。

留白

围住一个形状即是将它封闭。易于识别的形象无异于厌倦的扩散。如果你想一眼看破什么,那是你不喜欢谜语。如果你不喜欢谜语,又为何接受老子或方程式呢?这个形象,如果你不去完成它,我无法替你完成。如果你不参与完成,你就只停留在一种消极沉思中,甚至不是一种沉思。

生活只在猜测谜底的游戏中得以延续。

方索

巴黎——塞维利亚,二零一五年九月至二零一六年二月

黄晔译于渥太华

[1] 珍娜·伽达尔(Jeanne Gatard),法国高等装饰学院教授、画家,著名策展人。

[2] 勒内·夏尔(1907–1988),法国诗人和抵抗运动成员。《睡神散记》写于1942-1943年的战争间隙,1946年由伽里玛出版社出版。

[3] 約翰‧凱奇(John Cage,1912-1992),美国作曲家、音乐理论家和艺术家。开创了非确定性、非规范性的音乐,是一战后先锋艺术的领军人物,最著名的作品是《4.33》。他与挚友康宁汉一起发展了极简主义的现代舞蹈。

[4] 指老子的“名可名,非常名”。

[5] 雅克是法国18世纪启蒙运动思想家狄德罗的小说《宿命论者雅克和他的主人》中的主人公,他认为一切都是“在天上的大卷轴上写好了的”。

[6] 艾迪安‧杜兰德(Etienne Durand)(1586-1618) 诗集:《思无常》(Stances à l’inconstance)。

[7] 出自《睡神散记》,第227页。

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